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(... / ...) La journée est finie, la semaine aussi, le bateau
est rendu à son équipage, un trait peut être tiré dans le journal de bord du
chalutier. Le personnel rentre à son domicile alors que Marcel et moi montons au
bureau directorial après avoir retiré nos tenues de travailleurs et revêtu
celles de simples citoyens. Le vendredi soir les pas se font légers sur cet
escalier métallique et avant même d'ouvrir la porte nous entendons la saine
atmosphère de l'entrée en week-end.
Les bouteilles et les
verres sont sur la table du directeur qui a déjà commencé le service tandis
qu'une secrétaire distribue les cacahuètes, amandes, pistaches et autres
délectables petits salés. "Ah! Voici les braves!" lance-t-il à notre
arrivée, "puis-je vous servir un quelconque breuvage? - Ça ne se refuse
pas!" répond aussitôt Marcel, "un petit Ricard et je suis comblé. - Et toi,
Luc? - Moi, je prendrais bien un whisky mais à dose raisonnable. J'ai
entendu dire que dans les pays tropicaux c'était un médicament si on le
consommait modérément. - Peut-être, oui! Il tue les microbes, à coup sûr!"
Attendant que chacun ait un verre en main et le regarde: "Buvons à la
santé du nouvel arrivant! Je compte sur lui pour faire du bon travail, qu'il
s'accommode de nous et réciproquement! - Je vous remercie de votre accueil,"
balbutiai-je, "j'espère me plaire avec vous tous et remplir ma tâche avec
Marcel." Là-dessus les
verres se lèvent, s'entrechoquent et se vident. C'est si important l'ambiance
dans une équipe qu'il ne faut en aucun cas déroger à cette coutume d'accueillir
une nouvelle tête par un apéritif qui rapproche les membres du clan, délie les
langues et crée des liens, tout en ouvrant l'estomac. "Vous êtes breton
comme Marcel?" me demande la secrétaire de Régis. - Eh, oui! J'ai cet
honneur. Comment avez-vous deviné? - L'accent vous trahit. J'avais un ami
breton, de Saint Malo, qui travaillait dans la Marchande. Il était très gentil
mais c'est une drôle de vie, pour celui qui part et pour celle qui reste! -
Je comprends, oui. Mon père aussi a pensé dans sa jeunesse se tourner vers la
Marine Marchande. Il adore la mer mais a préféré fonder une famille et rester
auprès d'elle. Moi, je ne m'en plains pas. - C'est un choix à faire et la
décision à prendre n'est pas toujours facile. - Et vous? Vous vous plaisez
ici? - Beaucoup. Je crois que l'Afrique fait partie de ces régions du monde
où il n'y a que deux solutions: ou l'on s'y plaît et on reste, ou l'on part. Moi
je suis restée! Ça va faire deux ans que je suis là, au Cameroun. - Moi j'y
suis pour trois mois! Juste le temps de commencer à m'y intéresser et je m'en
vais. - En trois mois il peut se passer une multitude d'événements et vous
pouvez rencontrer une foule de gens. - A commencer par vous! Vous dont je ne
connais rien, pas même le prénom! -
Lauriande! ( ... / ... )
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